OK

Ce site internet utilise des cookies pour vous offrir des contenus personnalisés et une navigation optimisée. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies et notre Politique de Cookies.

Revenir à la liste d'articles
28 mai 2015
douleurs et SEP

Douleurs : il faut en parler !

Au cours de la SEP, les douleurs sont fréquentes. Leur intensité et leur fréquence sont variables selon les personnes, et elles peuvent avoir différentes origines.

*** Interview  Dr Olivier Heinzlef, responsable du service de neurologie du Centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain-en-Laye 

L’important, c’est d’en parler à son médecin, car il est souvent possible de les soulager, comme l’explique le Dr Olivier Heinzlef, responsable du service de neurologie du Centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain-en-Laye (78). Contrairement à une idée reçue fréquente, la SEP est une maladie qui peut être douloureuse. La fréquence des douleurs est variable dans les études publiées sur le sujet, mais elles apparaissent quand même toucher une majorité de celles et ceux qui vivent avec la maladie. Avec des retentissements plus ou moins importants sur les activités quotidiennes et sur l’humeur. Il est bien connu qu’avoir mal, surtout quand c’est de façon répétée, voire continue, ne favorise pas l’allégresse et la joie de vivre !

Les douleurs susceptibles de survenir sont de différents types. Certaines sont directement liées à la maladie et aux lésions qu’elle induit au niveau du système nerveux. Ce sont les douleurs dites neurogènes. Elles se traduisent de différentes sortes. Ce peut être des sensations de décharges électriques, parfois très vives, au niveau du visage (névralgie du trijumeau) ou qui descend le long du dos en partant de la nuque lors d’une flexion du cou (signe de Lhermitte). Il peut se produire également des spasmes d’un ou de plusieurs muscles, provoquant des douleurs similaires à celles d’une crampe intense. Ces différentes douleurs sont aiguës mais intermittentes, même si elles peuvent se répéter de façon rapprochée.

D’autres types de douleurs ont tendance à être davantage continus, voire chroniques. Il s’agit notamment de sensation de picotements, de fourmillements ou même de brûlure dans les membres, en particulier les jambes. Il peut également survenir une hypersensibilité de la peau où le contact avec, par exemple, des vêtements ou l’exposition au vent entraîne une sensation douloureuse.

Il existe enfin des douleurs dites secondaires, car liées aux conséquences de la maladie. Le mal de dos est ainsi fréquent. Il est dû généralement à des changements de postures. Des douleurs musculaires, articulaires ou au niveau de ligaments peuvent aussi se manifester.

Ne pas souffrir en silence

Quelle que soit la ou les douleurs ressenties, même si elles paraissent peu importantes ou supportables, le principal conseil à suivre est d’en parler à son neurologue ou son médecin traitant. « Les patients ne pensent pas toujours que leurs sensations douloureuses peuvent être liées à leur sclérose en plaque, explique ainsi le Dr Olivier Heinzlef. Ils restent parfois assez longtemps sans en parler ou ils consultent d’autres professionnels de santé qui ne vont pas forcément pouvoir les aider. Lorsque nous sommes informés, nous recherchons les causes possibles et proposons la prise en charge la plus adaptée. Dans un grand nombre de cas, il est en effet possible de soulager les douleurs. »

Différents types de prise en charge peuvent être proposés face aux douleurs. La première solution est de donner des médicaments qui agissent contre celle-ci. Ce peut être des antalgiques simples (le paracétamol par exemple) ou plus des produits plus puissants. Pour la SEP, deux grandes classes de médicaments ont montré une certaine efficacité contre les douleurs : les anti-épileptiques et les antidépresseurs. D’autres types de médicaments peuvent être également prescrits, en fonction des sensations ressenties.

En dehors des médicaments, plusieurs autres approches peuvent être proposées. Les thérapies cognitives et comportementales, avec un psychiatre ou un psychologue, contribuent à réduire les sensations douloureuses. Celles-ci sont également susceptibles d’être atténuées par la relaxation, la sophrologie ou l’hypnose. En cas de douleurs localisées, il est aussi possible de faire appel à une technique d’électro-stimulation appelée TENS. Celle-ci consiste à stimuler avec un courant électrique de faible intensité la zone douloureuse, ce qui provoque un soulagement de la douleur.

Dans tous les cas, notamment lorsque les douleurs sont importantes, il existe des services hospitaliers spécialisés dans le traitement de la douleur. Ceux-ci peuvent être sollicités pour apporter des solutions complémentaires.

Penser à l’exercice physique

Cela ne paraît pas forcément évident a priori, mais l’activité physique a un effet antalgique. L’exercice libère notamment des substances anti-douleurs naturelles. Pour les personnes qui le peuvent, il est donc conseillé de pratiquer régulièrement une activité physique adaptée. Celle-ci contribuera à soulager les douleurs.

Toute nouvelle sensation douloureuse, même si elle ne paraît pas liée à la SEP, doit être signalée sans tarder à son neurologue ou à son médecin traitant. C’est en effet le meilleur moyen de bénéficier d’une prise en charge adaptée et d’être soulagé.