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30 juin 2015
Tests cognitifs

Tests cognitifs : pourquoi ils sont importants

Grâce à différents tests, il est possible de savoir rapidement si une personne atteinte de sclérose en plaques présente ou pas des troubles cognitifs et, le cas échéant, d’en mesurer l’importance.

Ces tests sont donc très utiles pour proposer une prise en charge adaptée. Bernadette Mercier, neuropsychologue au réseau Rhône-Alpes SEP à Lyon, nous les présente.

De nombreuses personnes vivant avec une SEP ressentent souvent des problèmes de mémoire, d’attention, de concentration, voire parfois d’élocution. De fait, les troubles des fonctions cérébrales touchent environ une personne sur deux, avec des degrés divers et sous des formes variées. « Les troubles cognitifs peuvent être présents dès le début de la maladie, explique Bernadette Mercier. Ils sont dominés par un ralentissement de la vitesse de traitement de l’information. Les personnes assimilent et analysent moins rapidement ce qu’elles entendent, voient ou lisent. D’où une impression de lenteur, de ralentissement. Les troubles peuvent également concerner l’attention, la concentration, la mémoire et les fonctions dites exécutives (qui permettent de nous adapter, de faire preuve de souplesse face à des situations nouvelles, de planifier, organiser nos actions, de raisonner, de résoudre des problèmes, etc.). Selon la forme de la maladie, ils peuvent rester stables ou devenir relativement importants. » Dans tous les cas, les troubles cognitifs retentissent dans la vie personnelle et professionnelle, et entraînent souvent une altération de la qualité de vie.

Un dépistage recommandé

Il est important de dépister les troubles cognitifs le plus précocement possible. En effet, il existe aujourd’hui des moyens de prise en charge rééducative qui permettent de les atténuer et de prévenir leur aggravation. Il s’agit notamment d’exercices à réaliser sur son ordinateur qui, de façon ludique, permettent de mobiliser toutes les fonctions cognitives ; en entraînant ainsi son cerveau de manière régulière, il est possible d’en améliorer sensiblement les capacités.

Un bilan cognitif est donc recommandé à toutes les personnes vivant avec la SEP. Celui-ci doit être prescrit par un médecin, qu’il s’agisse du neurologue ou du médecin traitant. Il est ensuite réalisé par un neuropsychologue, c’est-à-dire un psychologue spécialisé dans l’évaluation des troubles des fonctions cérébrales. Ce bilan n’étant pas pris en charge par l’assurance maladie, il est préférable de s’adresser à un neuropsychologue d’un réseau SEP afin d’en bénéficier gratuitement.

Une batterie rapide d’évaluation

Le bilan repose généralement sur une batterie de tests appelée BCcogSEP, qui a été validée sur le plan médical et est aujourd’hui largement utilisée. Celle-ci comprend huit tests évaluant les principales fonctions touchées au cours de la SEP, à savoir : la mémoire verbale, la mémoire visuelle, l’attention, la vitesse de traitement de l’information et les fonctions exécutives.

L’un de ces tests consiste par exemple à lire une liste de 15 mots, puis à demander au patient de rappeler le plus de mots dont il se souvient. L’énumération est répétée plusieurs fois afin d’apprécier les capacités d’apprentissage. Un autre repose sur l’examen d’une grille où figurent des pastilles et à indiquer ensuite l’emplacement de celles-ci sur une grille cette fois vide. Un troisième nécessite d’énoncer, dans un temps donné, le plus possible de mots commençant par la même lettre ou de noms d’animaux. La vitesse de traitement de l’information est évaluée en présentant des chiffres de 1 à 9 auxquels sont associés des lettres. Une série de chiffres est ensuite présentée au patient et ce dernier doit dire oralement, le plus rapidement possible, la lettre associée à un chacun des chiffres en 90 secondes. Et ainsi de suite. Environ une demi-heure est nécessaire pour réaliser l’ensemble des tests.

Ceux-ci sont relativement simples dans leur principe et sont ainsi accessibles à tout le monde. «Ils permettent un dépistage rapide des troubles cognitifs, d’en déterminer la nature et d’en mesurer la sévérité, explique Bernadette Mercier. Ensuite, l’important, c’est d’expliquer à chaque patient les résultats obtenus, de bien leur faire comprendre ce qu’ils signifient et ce qu’il est possible de faire.»

Attention à la fatigue

Troubles cognitifs et fatigue ne font pas bon ménage ! La seconde tend à accroître les premiers. C’est pourquoi il est recommandé de faire régulièrement des pauses au cours de la journée. Dans le même ordre d’idée, il est important de se donner des priorités par rapport à ses activités, afin de se préserver. Il est également important de parler de ses éventuels troubles du sommeil à son neurologue ou son médecin traitant, là encore pour limiter autant que possible la fatigue. Enfin, il ne faut pas oublier d’avoir une alimentation variée et équilibrée. Des apports insuffisants ou des carences accentuent la fatigue et par conséquent les troubles cognitifs.

«Les tests cognitifs permettent de détecter des troubles encore peu prononcés qu’il sera d’autant plus facile de corriger», Bernadette Mercier.