Ma façon de vivre le covid-19 et le confinement

C'est une situation extraordinaire, au sens premier du terme, digne d'un roman de science-fiction. A L'heure où j'écris ce texte, plus de 3 milliards de personnes sont confinées au même moment dans le monde, à cause du covid-19. Chacun réagit avec son tempérament, son histoire personnelle, familiale et amicale, ses ressources...

Ce coronavirus a provoqué une vague de panique dans le monde, devant son caractère massif, son caractère très contagieux et le manque de connaissances scientifiques au départ.
Plusieurs de mes amis ont contracté l'infection mais ils ont guéri, comme la très grande majorité des gens infectés heureusement.

Le confinement, une épreuve que je relativise

Mon histoire médicale personnelle m'aide à relativiser la pandémie comme le confinement. Le souvenir de certaines épreuves, comme cette poussée sévère avec hémiplégie et aphasie, ou les périodes où je souffrais nuit et jour et me demandais ce que je ferais de ma vie, me fait terriblement relativiser le confinement. Que l'on me demande de rester chez moi, ne me semble pas insurmontable ! D'autant plus que je n'ai pas à gérer le télétravail, les cours des enfants (puisque je n'en ai pas) et la logistique de la vie de famille... Cette donnée change considérablement la donne à mes yeux.

Evidemment, je suis confrontée à la solitude, intense et imposée, puisque je vis seule, en compagnie de mon chat Panache. Moi qui me nourris de contacts amicaux et sociaux, qui trouve dans ces moments précieux une source d'équilibre, j'en suis sevrée brutalement. En tout cas physiquement car j'ai dû réinventer comme tout le monde ma façon d'interagir avec le monde : j'ai remplacé les instants où je voyais mes proches par des appels plus nombreux ou des "apéros-vidéos". Je multiplie les occasions de discuter et de rire.

Je fais également beaucoup de yoga en vidéo, puisque les initiatives de cours gratuits se multiplient sur internet durant le confinement. Ces instants centrés sur la respiration et sur mon corps m'apaisent et me rendent plus zen, en me permettant de pratiquer une activité physique. Je lis, je regarde des séries, je me repose et je n'ai pas le temps de m'ennuyer !

Mon point de vue sur la situation

En tant que médecin et patiente, je me suis évidemment renseignée sur l'impact du covid-19 chez les patients atteints de SEP. Les données manquent cruellement mais la maladie en soi n'augmente pas le risque d'être infectée par le virus. Certains immunosuppresseurs augmentent le risque de souffrir d'une forme grave de la maladie, mais celui que je prends ne diminue pas mes défenses immunitaires. Comme je n'ai pas d'autre facteur de risque, comme une maladie cardiaque ou respiratoire, un diabète,

une obésité, un âge de plus de 70 ans etc, je ne me sens pas plus vulnérable qu'un autre. Je respecte bien les mesures barrières et le confinement car j'aime autant ne pas prendre de risque : la moindre infection me met à plat et augmente tous mes symptômes, comme beaucoup de patients.

Je continue à travailler en télétravail et à un rythme normal, ce qui me donne un rythme la semaine et m'occupe. Je réponds à de nombreuses questions d'internautes pour le site Internet pour lequel je travaille. Les plus fréquentes portaient sur les modalités de transmission, les symptômes, les facteurs de risques avec telle ou telle maladie. Je reste persuadée que s'informer sur des sites fiables et précis est le meilleur moyen de relativiser. Le respect des mesures barrières et de la distanciation physique réduit drastiquement le risque. Parmi les questions, la problématique des enterrements et d'être dans l'impossibilité d'y assister, est souvent revenue. Les mesures ont heureusement été allégées.

Lors de mes déplacements à l’hôpital pour mon traitement, j'ai aussi pu constater que certains patients étaient très angoissés et se posaient beaucoup de questions. Je leur ai recommandé d'en parler à un psychologue, du réseau SEP ou en libéral, puisque les consultations sont maintenues par téléphone ou en téléconsultation. Je leur conseille également de prendre soin d'eux, de multiplier les petits plaisirs de la vie quotidienne, de cultiver la philosophie positive...

Me tourner vers les autres

Je trouve que cette période est très contrastée entre une inertie physique due au confinement et une grande mobilisation intellectuelle et émotionnelle : je suis plus présente auprès de ceux que j'aime par téléphone d'une part mais aussi plus attentive à mes voisines âgées par exemple. Je continue à être présente sur les réseaux sociaux pour les patients atteints de SEP, même si mon temps est hélas limité.

Le confinement rend encore plus aiguë la nécessité d'une société beaucoup plus solidaire ! C'est donc l'occasion de réfléchir à l'après-pandémie, à une façon de m'engager davantage auprès des autres, en espérant que de nouvelles valeurs humaines plus solidaires et engagées en ressortiront, à l'échelle mondiale...

Voir l'article : Vivre avec une épée de damoclès…

Voir l'article : Mes idées pour me simplifier la vie

Publié le : 04/05/2020

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