Mon humeur de déconfinée

Le déconfinement a sonné un retour partiel vers la liberté et une vie plus proche de la normale. Il a suscité un certain nombre de réflexions aussi bien sur le plan social que personnel ou médical. Tour d'horizon de mes pensées et humeurs de déconfinée...

Sur le plan professionnel, ce déconfinement ne change rien puisque je continue à travailler exclusivement en télétravail. Je serai bien sûre très heureuse de retourner une fois par semaine à la rédaction dont je fais partie, ce qui est mon habitude hors confinement mais je reconnais bien vivre le télétravail. Mon chat Panache est ravi de m'avoir à temps plein avec lui.

Les patients et leurs proches savent souvent que mai est le mois de la campagne Kiss good-bye to MS, ou Un baiser d'adieu à la SEP, une campagne mondiale portée par la Ligue Française contre la SEP. http://www.ligue-sclerose.fr/Actualites/Kiss-Goodbye-to-MS-levons-des-fonds-pour-la-Recherche J'ai choisi un challenge axé sur l'environnement : chaque jour, j’ai realisé un geste facile pour sauver la planète et je l’ai relayé sur les réseaux sociaux pour récolter des fonds et sensibiliser sur la maladie. Ce défi m’a’ sensibilisée encore plus à diminuer mon "impact écologique" sur le monde qui m'entoure. J'ai appris de nouveaux gestes et c'est très gratifiant de récolter des fonds, même si c'est compliqué d’en lever dans ce contexte économique difficile.

Le confinement m'a fourni le temps de m'investir davantage dans un nouveau projet : je prends la présidence de Dare women handicap, au sein de l'association Dare women. Le but sera de développer la confiance en soi et l'audace des femmes avec un handicap, ainsi que de favoriser leur insertion professionnelle. En sachant que les hommes avec un handicap sont aussi les bienvenus dans l'association et qu'ils bénéficieront eux aussi de toutes les avancés concernant les femmes !

A côté de ces nouvelles positives, je reconnais être inquiète en tant que médecin de ce qui a été appelé la "troisième vague" : de nombreux malades chroniques ont mis entre parenthèses leurs soins, de peur de contracter le virus ou parce que leurs médecins décalaient les consultations. Les professionnels de santé risquent de les retrouver dans un état dégradé ou plus avancé pour les malades atteints de cancer par exemple...

Le retour à une (petite) vie sociale

Le déconfinement a sonné la reprise d'une vie sociale, même si elle reste limitée pour le moment : j'ai déjà organisé deux dîners chez moi, en très petit comité. En théorie, il faudrait privilégier les retrouvailles à l'extérieur, qui diminuent grandement le risque de contamination du Covid-19 et avec la réouverture des parcs, des terrasses et des restaurants cela va être plus facile…

Finalement, j'ai l'impression que nous devons apprendre à vivre avec le risque d'une infection, tout en le diminuant au maximum grâce aux mesures barrières. J'ai un tempérament fataliste et je retiens que dans la très grande majorité des cas l'infection est bénigne. Je continue donc à faire très attention quand je sors de chez moi et fais des courses, je porte un masque et me lave régulièrement les mains.

Comme je suis psycho-sexologue, j'ai été très attentive aux retentissements sexuels du Covid-19. Ce n'est pas considéré comme une infection sexuellement transmissible mais les contacts rapprochés, inhérents à la sexualité, favorisent la contamination, et notamment les baisers. En tant que célibataire, je réfléchis également à ce que ce contexte implique sur ma prochaine rencontre. De nombreux critères doivent être pris en balance : les bénéfices de la relation, les risques, les facteurs de risque d'avoir une infection grave, le respect des mesures barrières et du confinement par le ou la future partenaire, la présence de symptômes infectieux qui évidemment contre-indiquent les baisers et rapprochements. Un jour après l'autre, je verrai bien ce que me réserve l'avenir...

Du confinement à la Journée mondiale de la SEP

Durant la pandémie et le confinement, tout le monde a été obligé de s'adapter à des mesures d'une ampleur exceptionnelle. Les patients avec une SEP (ou une autre maladie) avaient probablement une longueur d'avance sur tous les autres puisqu'ils s'adaptent tous les jours aux limites de leur corps...

De facto, de nombreux patients vivent confinés du fait de leur handicap et le risque que la pandémie ait majoré l'isolement est bien réel. J'espère que la Journée Mondiale de la SEP qui a eu lieu le 30 mai, sur le thème des connexions, leur a donner de bonnes idées pour sortir de la solitude !

Mon conseil serait de développer les relations sur les réseaux sociaux, avec la team warrior de Facebook ou les MS fighters d'Instagram, et dans la vraie vie : en s'inscrivant dans une association, liée à la SEP (ou pas), en développant une nouvelle activité, qu'elle soit artistique, culinaire, sportive, etc.

Le téléphone et les sms sont aussi des aides majeures pour se sentir moins seul et entretenir son réseau amical et/ou familial. Si le handicap et les symptômes compliquent parfois les relations, les entretenir avec soin ou se faire de nouveaux amis me semble particulièrement important lorsque l'on souffre d'une maladie chronique. Les vrais amis sont là pour les bons comme les mauvais moments et ils sont précieux.

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