Comprendre la SEP

« Le système nerveux central (SNC)
est l’ensemble formé par le cerveau… »

Comprendre la SEP

« Le système nerveux central (SNC) est l’ensemble formé par le cerveau… »

Aidants - Définition

« Quel que soit le nom
qu'on leur attribue… »

 

 

Contrôler les douleurs grâce
à l’(auto-) hypnose

Neurologue et spécialiste de la douleur près de Lyon, le Dr. Alberta Lorenzi-Pernot explique en quoi consiste l'auto-hypnose.

« Installez-vous confortablement et concentrez-vous sur votre respiration… » D’une voix douce et apaisante, le Dr Lorenzi-Pernot commence la première séance d’hypnose de Charlotte, une nouvelle patiente atteinte d’une SEP. Respirez calmement, en vous concentrant sur vos inspirations et vos expirations… maintenant, pensez à un lieu agréable, dans lequel vous vous sentez bien, en toute sécurité… ».

Charlotte se détend, ferme les yeux. Tout au long de la séance, elle restera pleinement consciente, mais un peu comme coupée de son corps et de ce qui l’entoure. Progressivement, les tensions et les douleurs, qui ont motivé sa consultation du Dr Lorenzi-Pernot, se seront éloignées. Après quelques séances, elle devrait être en mesure de retrouver toute seule cet état de mieux-être qui l’aideront à faire face aux moments difficiles liés à la maladie.

« L’hypnose médicale, ce n’est pas ce que l’on peut voir à la télévision où, d’un claquement de doigt, une personne est entièrement placée sous le contrôle de l’hypnotiseur, explique le Dr Lorenzi-Pernot. Cela n’a rien à voir. Il s’agit au contraire d’apprendre aux patients des techniques qui leur permettent de mieux transformer les difficultés qu’ils rencontrent. Ceci, en induisant un état où tout en étant présent à vous-même, une partie de vous est ailleurs. Cela permet de décompresser, d’évacuer les tensions, mais aussi, et c’est l’un des grands intérêts de cette approche, de ressentir la douleur différemment. »

Trouver un lieu de sécurité

Une situation assez commune permet de bien comprendre à quoi correspond l’état d’hypnose. Vous êtes au volant de votre voiture pour un déplacement. Vous conduisez normalement, avec toute l’attention requise. Mais soudain, vous vous rendez compte que vous êtes presque arrivé à destination et vous n’avez aucun souvenir de la route que vous venez de parcourir au cours des dix dernières minutes. Vous ne vous êtes pas endormi, bien au contraire, mais c’est comme si votre esprit était parti ailleurs.

« C’est un état physiologique normal dans lequel se met le cerveau environ toutes les 90 minutes au cours de la journée chez les adultes, sans que l’on s’en rende compte le plus souvent, précise le Dr Lorenzi-Pernot. L’idée de l’hypnose, c’est d’utiliser cette capacité. »

Pour cela, une série d’étapes sont mises en œuvre au cours d’une séance. Le patient doit d’abord focaliser son attention, sur sa respiration par exemple. Ensuite, intervient une phase de dissociation entre le corps et les ressentis, qui correspond à la transe, c’est-à-dire la phase de travail proprement dite.

« J’utilise souvent ce que j’appelle un lieu de sécurité, indique le Dr Lorenzi-Pernot. Cela consiste à ce que le patient évoque pour lui-même un lieu précis dans lequel il se sent bien et en sécurité. De ce lieu, il peut alors se remémorer un souvenir qui lui est particulièrement agréable. L’objectif, c’est qu’il soit en mesure de se replonger dans ce souvenir agréable à partir du lieu de sécurité dès qu’il en ressent le besoin ».

Dissocier la douleur de l' émotion

Cette technique s’apprend assez facilement. Le plus souvent, quelques séances suffisent pour l’acquérir. Ensuite, il faut s’entraîner régulièrement, ce qui ne prend pas forcément longtemps à chaque fois. « Avec de l’entraînement, on finit par induire cet état d’auto-hypnose presque sans y penser. Cela devient quasiment un automatisme », explique le Dr Lorenzi-Pernot.

L’auto-hypnose permet ainsi de se détacher de ce qui entrave le bien-être. Les tensions, le stress, l’anxiété. C’est aussi un outil très efficace contre les douleurs. Il permet en effet de dissocier la douleur de l’émotion qui l’accompagne. La douleur est toujours ressentie, mais elle n’est plus désagréable.

Ce n’est pas pour autant une panacée, prévient le Dr Lornezi-Pernot : « L’effet de l’hypnose est indéniable et a d’ailleurs été scientifiquement prouvé. Mais il ne faut pas en attendre non plus des miracles. C’est un outil complémentaire dans la prise en charge d’un patient ».

Conseil pour choisir un hypnothérapeute

L’hypnose est un outil facile à apprendre et à faire apprendre, mais nécessite quelques précautions.

« Même si on travaille en surface, on joue néanmoins avec l’inconscient, explique le Dr Lorenzi-Pernot. On peut ainsi ouvrir des portes chez un patient que ce dernier n’a pas forcément envie de voir ouvertes ; d’où le lieu de sécurité. Le thérapeute doit être en mesure de contenir les situations où des émotions ressortent et savoir jusqu’où il peut aller. Par ailleurs, l’hypnose n’est pas forcément indiquée chez tous les patients. Enfin, les demandes des patients sont parfois inadaptées et il est important de fixer des objectifs réalisables dès le départ. » C’est pourquoi, de préférence, le Dr Lorenzi-Pernot conseille de s’adresser à des professionnels de santé qui ont suivi une formation spécifique en hypnose.

« Des interventions chirurgicales sont aujourd’hui pratiquées avec une anesthésie sous hypnose (hypnoanalgésie). Le patient reste conscient et ressent l’opération, mais la douleur n’est pas désagréable. C’est donc un moyen très efficace de ne pas ou plus souffrir » – Dr Lorenzi-Pernot.

Publié le : 15/09/2014 - Mis à jour le : 29/03/18

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