L’HIPPOTHERAPIE, UNE AIDE DANS LA SEP ?

Le cheval n'est pas seulement la plus belle conquête de l'homme. Il est aussi l'ami des patients atteints de sclérose en plaques.

On différencie l'équithérapie de l'hippothérapie et du handisport équitation.

D'après Stéphanie Ryckewaert, directrice de l'Ecurie bleue et détentrice d'une formation en équitation adaptée, l'équithérapie est une thérapie à caractère plutôt psychique médiatisée par le cheval ; l'hippothérapie est une technique de réhabilitation, qui utilise le mouvement du cheval comme moyen d'amélioration des fonctions motrices du cavalier. Le « handisport équitation » qualifie la pratique sportive de l'équitation par une personne avec un handicap.

L’hippothérapie dans la SEP

L'année dernière, Andrée Gibelin, responsable d’un service de rééducation dans un centre spécialisé, a monté un projet avec l'aide de Stéphanie, pour que les patients puissent bénéficier des bienfaits du cheval. L'Ecurie bleue dispose d'un aménagement pour les patients, avec un escalier à 3 marches pour favoriser le transfert du patient sur le cheval.

« Pour les personnes qui ont une sclérose en plaques, c'est l'hippothérapie qui est intéressante, explique la monitrice. Elle est supervisée par des kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens ou enseignant en APA (activité physique adaptée), avec des objectifs fixés en équipe pour chaque patient ». Comme la posture sur un cheval sollicite 300 à 400 muscles, il y a un véritable travail du contrôle postural, du tonus musculaire et de l'équilibre : le simple fait de monter recentre le point d’équilibre.

« L'intérêt de l'hippothérapie est de corriger les mouvements du bassin par complémentarité avec ceux du cheval, poursuit Andrée. Le bénéfice est donc limité pour les patients en fauteuil et dans notre centre, seuls les patients qui marchent encore peuvent pratiquer l'hippothérapie ».

Depuis septembre 2016, 23 personnes avec une SEP ont réalisé 1 à 4 séances. Chacune d'entre elle dure 40 minutes, et elle est divisée en plusieurs temps : un temps d'approche du cheval pour que le patient se familiarise avec l'animal, un temps pour le transfert, à l'aide de l'escalier à 3 marches, un temps pour la rééducation proprement dite, sur le cheval et enfin un temps pour la descente du cheval.

L'hippothérapie est particulièrement indiquée pour les patients avec des troubles moteurs (paralysie, baisse du tonus musculaire), des troubles de l'équilibre, une spasticité… Dans ce dernier cas, il y a un travail des adducteurs, qui sont les muscles qui permettant de resserrer les cuisses, simplement en étant assis sur le cheval : « Cela permet à la personne d'épouser les mouvements du cheval, de ressentir tous ses muscles, détaille la monitrice. Cela a un effet incroyable : il y a une sorte de rééquilibrage qui se fait naturellement sur le cheval ! ».

Des vrais bienfaits psychologiques

« Ensuite il y a tous les bienfaits psychologiques, qui relèvent de l'équithérapie, reprend Stéphanie. On constate une revalorisation de la personne. Et comme le cheval a une connotation de noblesse et de puissance, c'est magique pour celui qui le monte ».

Le cheval facilite la détente, la communication verbale et non verbale, il peut améliorer la perception du corps dans l'espace, ou encore la gestion des émotions. Le cheval offre sa bienveillance au cavalier : il ne juge pas le handicap, ce qui est, consciemment ou pas, rassurant.

Les retours sont unanimes d'après la responsable de la rééducation du centre : « Les gens reviennent tous avec des étoiles dans les yeux et ils sont toujours heureux d'avoir tenté l'expérience ! ». Si les bénéfices physiques sont difficiles à évaluer selon elle, les bienfaits psychologiques semblent évidents. L'estime de soi est améliorée puisqu'ils ont accès à une activité que la majorité des non malades ne pratiquent pas.

« Les gens reviennent tous avec des étoiles dans les yeux »

« Ceux qui étaient cavaliers et pensaient que c'était fini, peuvent reprendre cette activité de loisirs, s'enthousiasme Andrée. Et ceux qui n'étaient jamais monté sur un cheval, ont réussi un challenge ! ».

En pratique

Pour trouver un centre équestre qui pratique l'équithérapie, vous pouvez consulter le site de la société française d'équithérapie.

L'hippothérapie n'est pas pris en charge par l'Assurance-Maladie, le diplôme d'équithérapeute n'étant toujours pas reconnu officiellement selon Stéphanie.

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