Les symptômes de la SEP

Les symptômes apparaissant au début de la maladie ou lors de son évolution sont variables d’un individu à l’autre et, chez le même individu, varient au cours du temps...

La gêne engendrée par les symptômes est également variable d’une personne à l’autre, d’une poussée à l’autre, et même d’un jour à l’autre, en fonction de l’importance de la poussée, mais aussi de la fatigue, de l’existence d’une infection associée, de la température...
Certaines manifestations sont néanmoins fréquentes : troubles de la sensibilité, troubles visuels, troubles moteurs...
Tous ces symptômes ne coexistent pas simultanément chez une même personne ; dans près d’un cas sur deux, le début de la maladie est marqué par l’apparition d’un seul signe.

Les troubles de la sensibilité

C’est un signe révélateur fréquent de la maladie. Il s’agit le plus souvent :

  • De sensations de fourmillement, d’engourdissement, de peau cartonnée, d’eau coulant sur le corps, de piqûres, de striction, d’étau, de brûlure ou de froid ;
  • D’un signe appelé « signe de L’hermitte » : impression de décharge électrique le long de la colonne vertébrale et/ou des membres, qui survient uniquement lors de la flexion de la nuque ;
  • D’une baisse de la perception sensitive ;
  • De douleurs.

Pour considérer ces symptômes comme possiblement liés à une SEP, il faut qu’ils soient suffisamment prolongés (plusieurs jours) et franchement inhabituels.
Pour en savoir plus, « SEP et troubles sensitifs »

La douleur

Au cours de la SEP, les douleurs sont plutôt fréquentes puisqu’elles concernent entre 30 à 40% des patients. Elles peuvent être continues ou intermittentes. Elles sont liées aux atteintes nerveuses (douleur neuropathique), mais peuvent aussi être dues à la spasticité ou d’autres troubles associés à la maladie (douleurs osseuses ou musculaires).
Découvrez l’article « Douleurs chroniques dans la SEP »

Les troubles visuels

La névrite optique est la conséquence d’une inflammation au niveau du nerf optique. Elle peut survenir au début de la maladie ou au cours de son évolution. Elle concerne en général un seul œil et peut se manifester par une baisse de l’acuité visuelle, une sensation de vision floue, une moins bonne vision de certaines couleurs, une douleur du globe oculaire lors de sa mobilisation, des anomalies du champ visuel.
Plus rares au début de la maladie, des troubles de la mobilité oculaire peuvent survenir lors d’une poussée (moins bonne mobilité, parfois perte du synchronisme entre les deux yeux dans certaines directions du regard).
Ces troubles peuvent s’accompagner d’une sensation de vision double, appelée diplopie. Elle n’existe qu’en vision binoculaire (avec les deux yeux) et disparaît lors de la vision monoculaire (avec un seul œil).
Découvrez les articles « Troubles visuels et sclérose en plaques » et « Névrite optique et sclérose en plaques »

Les troubles moteurs

Une sensation de faiblesse musculaire, plus ou moins importante, peut toucher un ou plusieurs membres (en particulier les membres inférieurs) ou une moitié du corps. Elle peut être associée à une raideur musculaire (« spasticité »), au niveau des jambes et des bras, accompagnée de spasmes ou de contractures et parfois de douleurs. Par exemple, il devient impossible de plier une jambe, ce qui entraîne une gêne fonctionnelle. C’est un trouble qui survient fréquemment au cours de l’évolution de la maladie (pour 8 patients sur 10). Il peut durer quelques minutes ou une heure, mais peut aussi s’installer plus durablement.
Pour en savoir plus, voici l’article « Les troubles de l’équilibre au cours de la SEP »

La fatigue

C’est un des symptômes les plus fréquents de la maladie, puisque plus de trois quarts des patients en souffre. La fatigue se caractérise par une perte d’énergie physique et mentale, qui peut survenir à tout moment de la journée, parfois dès même le réveil, sans raison particulière. Elle peut accompagner ou aggraver une poussée, elle peut aussi être présente en dehors des poussées. Les épisodes de fatigues apparaissent souvent sans signe avant-coureur, et durent plus ou moins longtemps.
C’est un des symptômes importants de la maladie : elle peut être gênante au quotidien, apparaître lors d’efforts modérés. Pourtant, elle est souvent insuffisamment prise en compte par l’entourage.
Découvrez les articles « SEP et fatigue (vidéo) » et « je gère ma fatigue »

Les troubles associés :

Les troubles urinaires

Ce type de troubles concerne un grand nombre de personnes atteintes de SEP, plus de 80% en sont atteints. Il s’agit soit de troubles de la continence (fuites, envies pressantes et/ou très fréquentes) témoignant d’une hyperactivité vésicale, soit de difficultés à uriner avec un risque de mal vider sa vessie, soit des deux associés. Cet « handicap urinaire » peut entraîner des infections urinaires.
Découvrez les articles : « Troubles urinaires et sclérose en plaques » et « les auto-sondages urinaires »

Les troubles digestifs

Des troubles de l’émission des selles peuvent aussi survenir : constipation, fausses envies.
Ces symptômes sont la conséquence d’un moins bon contrôle des sphincters.
Les troubles sphinctériens sont importants à prendre en compte, car ils peuvent favoriser des infections urinaires potentiellement graves.
Découvrez l’article « Constipation et SEP »

Les troubles sexuels

Les troubles sexuels surviennent assez fréquemment au cours de la maladie aussi bien chez l’homme (troubles de l’érection, baisse de libido) que chez la femme (perte de sensibilité, sécheresse vaginale, baisse de libido). Leur origine est généralement multifactorielle. Ces troubles sont en effet directement liés aux lésions nerveuses, mais aussi aux retentissements de la maladie, comme la fatigue, l’anxiété et la perte de confiance en soi. Bien qu’il s’agisse d’un sujet délicat, il est essentiel d’en parler.
Découvrez les articles « Troubles sexuels chez les hommes », « troubles sexuels chez les femmes », « SEP et sexualité (vidéo) » et « Sclérose en plaques et libido »

Les troubles cognitifs

Il peut exister quelques troubles intellectuels portant sur la concentration, l’attention (distractivité), la capacité à traiter plusieurs informations simultanément, la mémoire. Ils ne sont pas constants, apparaissent rarement au début de la maladie, et restent habituellement modérés (ils n’évoluent pas vers des troubles sévères comme, par exemple, dans la maladie d’Alzheimer).
Découvrez les articles « Troubles cognitifs » et « Les tests cognitifs pour la sclérose en plaques »

Les troubles psychologiques

Les troubles psychologiques sont fréquents au cours de la SEP, avec un impact important sur la qualité de vie. Il en existe différents types : la dépression, l’anxiété et l’hyper-expressivité émotionnelle. Ils nécessitent une prise en charge reposant à la fois sur un traitement par médicament et une psychothérapie.
Pour en savoir plus, découvrez « Les troubles psychologiques au cours de la SEP »

Les troubles de l’équilibre

Les troubles de l’équilibre sont très fréquents dans la SEP. Ils sont liés à une atteinte de certaines régions du système nerveux central qui sont responsables de la coordination des mouvements et de l’équilibre. Ils peuvent altérer la marche et les activités et entraînent également un risque accru de chute.
Découvrez les articles « Les troubles de l’équilibre au cours de la SEP » et « les troubles de l’équilibre »

Les troubles du sommeil

Ces troubles sont le plus souvent d’origine multifactorielle. Ils peuvent être liés directement ou indirectement à la maladie. Ils contribuent à accroître la fatigue ressentie. Cette fatigue chronique est très invalidante, et est à l’origine d’une restriction des activités quotidiennes et d’un retentissent de façon importante sur la qualité de vie des malades.
Pour en savoir en plus : « Les troubles du sommeil au cours de la SEP »

Le phénomène d’Uhthoff

Le phénomène d’Uhthoff correspond à la survenue transitoire de symptômes liés à la sclérose en plaques lorsque la température du corps augmente. Il ne s’agit pas d’une poussée ou d’une aggravation de la maladie, mais d’un blocage transitoire de l’influx nerveux. L’élévation de la température entraîne une altération accrue de la conduction nerveuse au niveau des zones de démyélinisation au sein du système nerveux central, d’où la survenue des symptômes.
Découvrez l’article « La SEP et le phénomène d’Uhthoff »

S’ils n’entraînent en général que des perturbations modérées, même avec l’évolution de la maladie, il faut cependant en parler à votre médecin car ils peuvent être pris en charge.

Publié le : 10/05/2020

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